Instrument de conception de l'aménagement du territoire wallon, le SDER ou Schéma de développement de l’espace régional, est un document de "conception" de l’aménagement du territoire et du développement régional wallon. Comme tel, il n’a ni force obligatoire ni valeur réglementaire. A travers l’adoption d’un tel document, le Gouvernement s’engage à respecter celui-ci et à ne pas prendre de décisions qui lui soient contraires. Toutefois, puisqu’il s’agit d’un document "indicatif", il peut s’en écarter pourvu qu’il motive sa décision.
Le SDER oriente les révisions des plans de secteur, à savoir les plans réglementaires qui fixent les affectations du sol de l’ensemble du territoire wallon. De plus, il sert aussi de référence pour les politiques d’aménagement et de développement territorial de la Région wallonne, ainsi que pour les politiques sectorielles. Il doit donc guider les choix concernant l'habitat, le cadre de vie, les déplacements, l'implantation des activités économiques, l'urbanisme, la conservation des milieux naturels… bref, pour le développement de l'ensemble du territoire. Il constitue l’un des paramètres permettant d’orienter les choix budgétaires et de localiser les priorités d’intervention. Ces indications sont utiles non seulement à l’autorité régionale, mais également aux pouvoirs locaux, aux institutions parapubliques et aux investisseurs privés.
Document couvrant l'ensemble des compétences du Gouvernement, le SDER trouve sa base légale dans le Code wallon de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme, du Patrimoine et de l’Energie (articles 13 à 15).
Le SDER actuellement en vigueur a été adopté par le Gouvernement wallon le 27 mai 1999. L’actuel Gouvernement wallon a décidé en 2009 de procéder à une actualisation de ce document. Le travail est en cours et devrait aboutir à définir les options stratégiques pour structurer le territoire wallon de manière à favoriser la compétitivité régionale et apporter une réponse efficace aux défis climatiques, énergétiques et de mobilité tout en prenant en compte le défi démographique et celui de la cohésion sociale. De manière à accroître son rôle d’orientation, le SDER actualisé déclinera des options régionales ainsi que des objectifs chiffrés et des indicateurs qui permettront d’évaluer les projets. Le SDER doit pleinement devenir un outil de prospective. Il doit également intégrer une dimension transfrontalière et prévoir des synergies avec les pays voisins.
Le SDER adopté en 1999 comporte trois parties principales. La première est une analyse de la situation actuelle du territoire et des tendances qui se dessinent pour le futur. Sur la base des enjeux ainsi relevés, dans une deuxième et troisième partie, la vision stratégique du document est présentée. La seconde partie comporte le projet de structure spatiale pour la Wallonie, dont la représentation graphique est intégrée dans la présente carte grande-régionale. La troisième partie du SDER quant à elle présente les objectifs (au nombre de huit) que s’est fixé la Région wallonne pour orienter son développement territorial. Ces huit objectifs se déclinent en options (32) et mesures, et au-delà en études et en propositions d'élaboration de programmation plus fines. Un de ces huit objectifs consiste à intégrer la dimension suprarégionale dans le développement spatial de la Wallonie.
Via le projet de structure spatiale du SDER, il s’agit pour la Wallonie d’œuvrer à structurer son territoire tenant compte notamment des:
- aires de coopération transrégionale dont celle avec Luxembourg, aire correspondant au cœur de la Grande Région ;
- pôles dont les pôles d’appui transfrontalier (à l’image d’Arlon et d’Aubange) ;
- eurocorridors (cf. Axe Bruxelles-Namur-Luxembourg-Strasbourg-Bâle) et axes de transport majeurs (cf. Axe Liège-Luxembourg).